Nos efforts ont abouti, après six ans de négociation, rencontres et délibérations. Un cabinet d’architecture a été choisi, le cabinet West 8 qui rassemble des compétences multiples dont deux cabinets bordelais.

Le Maire de Bordeaux, Alain Juppé, a souhaité que le projet de la place Gambetta soit présenté en priorité, aux membres de notre association. Cette présentation a eu lieu le 26 septembre à l’Athénée Municipal place Saint Christoly. La séance était présidée par Laurence Dessertine.

Claire Lhote, de la Métropole, l’architecte belge lauréat (WEST 8), Maarten van de Vorde avec 2 membres de son équipe, la paysagiste, Sabine Haristoy, résidant à Bordeaux et l’architecte qui a participé à l’élaboration du projet,  Marine Manchon nous ont expliqué leur démarche.

C’est une étape très importante de notre aventure qui a commencé en 2011. C’était vraiment pour nous un premier aboutissement et une fête. 

SIX ANS DE MATURATION POUR UNE PLACE JARDIN !

La place côté est

La place côté est

 

Laurence Dessertine nous accueille. Elle parle d’un moment de plaisir à avoir travaillé dans la concertation pendant 6 ans et qu’il était rare d’obtenir d’emblée dans les 2 conseils (Conseil de la Métropole et Conseil Municipal) l’unanimité.  Il est vrai qu’elle concerne un joyau emblématique. Elle remercie tous ceux qui ont permis au projet d’avancer, les élus, la commission technique, les commerçants de la place, l’association SOS place Gambetta, son Président. L’architecte dont l’agence est située à Rotterdam prend alors la parole, affichant sur l’écran son projet. Il est flamand, néerlandophone, mais il a la délicatesse de s’adresser à nous en français. Il a une grande expérience de ce type de projet (travail sur un espace public…). Il commence par dire le bonheur qu’il a d’avoir été choisi par la ville de Bordeaux, une ville remarquable, sur un projet aussi intéressant. Ce n’est pas la première fois qu’il candidate (Lac des Berges, quais…). Pour les quais, il avait donc été le concurrent de Corajoud !

Bonheur aussi d’avoir travaillé pour une très belle place qu’il compare à d’autres belles places du monde dont il admire la perfection : Madrid, San Marco, à Venise…,une  place dont l’unité architecturale est unique, ainsi que sa richesse patrimoniale. L’existence d’un jardin ajoute à l’intérêt, apportant sa fraîcheur et son espace de détente.

Des orientations pour la circulation

Il aborde alors le problème du transport, déterminant. Avec comme point de départ : un rond-point, un jardin au milieu, des trottoirs étroits. Premier concept retenu : un trottoir partagé. Il a voulu redonner place aux piétons, aux vélos, dans un mouvement doux.  Il fallait d’abord définir l’infrastructure et repenser la circulation. La place Gambetta a un esprit particulier. Elle fait partie des cours. Il faut l’envisager dans une plus grande échelle. Autour de la place, des rues étroites, et donc des embouteillages. La voiture reste présente, mais avec une vitesse plus lente. Il s’agit de respecter la fluidité avec le cours Clémenceau, la rue Nancel Pénard. On est dans un cœur de ville, pas dans un îlot. Et on est dans un centre historique en liaison avec des quartiers sensibles. Il est important de raccrocher la ville au tissu urbain.

Une cohérence architecturale

Aux alentours, le trottoir est en relation directe avec l’architecture de la ville. Il souligne le rythme des façades avec le calcaire gris/noir. L’espoir :  les terrasses vont faire suite aux façades. Il faut créer de la cohérence dans ce lieu si remarquable, l’articuler.

Au centre, un jardin, avec une différence de rythme.

Sur les trottoirs, une dynamique : on fait partie de la ville. Ce seront des trottoirs partagés. Il faut aussi en garantir l’accessibilité : pour livrer, pour déménager.

Le jardin est là pour échapper à cette dynamique, rare dans cette ville. C’est un lieu de rencontre, de détente. Dans le jardin, il faudra assainir, ne pas toucher aux arbres protégés comme les magnolias, certains marronniers sains, remplacer les autres par des arbres immédiatement matures, qui apporteront aussi leur fraicheur à la place, et ne masqueront pas les façades. Il faudra lisser la végétation, respecter la topographie.

Avec le temps, et les travaux successifs de la chaussée, la pente se dirige vers les immeubles. Il faudra l’inverser pour un meilleur drainage des eaux. Des bordures sont prévues contournant le jardin côté voitures, elles seront plus plates des autres côtés. Ce seront des bancs informels, éléments de rencontre. Ils feront aussi le contour de la fontaine prévue. Un circuit de vélo serait prévu avec marquage. Le marquage reste à l’étude.

A l’arrière d’espaces très larges, 2 positionnements pour les bus, côté ouest, de façon à rencontrer moins de conflits. L’étude pour les autos est en cours. La continuité des flux piétons/autos/camions doit être organisée, notamment à l’angle judaïque et l’architecte écoute les remarques et les note.

Il revient sur un élément d’eau, comme une fontaine, élément attractif et apporteur d’un microclimat très agréable, jets d’eau, placette ou miroir d’eau. C’est le début d’un dialogue avec les services techniques. La gestion peut en être complexe, et c’est à étudier.

La place en questions ?

La question est posée par un résident sur la mise en lumière.  

L’architecte s’interroge quant à une remise en lumière des façades  ou du jardin ? Pour les façades, il faut valoriser le cadre architectural, mais sans surenchère.

La deuxième question concerne les 3 souterrains. Ils seront comblés notamment dans un souci d’économie.

Pour le carrefour Judaïque, des options seront étudiées (l’architecte a déjà travaillé sur beaucoup d’entre elles, sans en arrêter une), avec l’aide d’un ingénieur. Un élargissement ? On analysera ses effets et on fera le meilleur choix possible.

Les vélos CUB sont passés de 20 à 40. Un stationnement motos est prévu. Un équilibre est à trouver, en observation de l’usage et de l’encombrement.

François Diard le président de l’association (il réside sur le trottoir nord, soit le côté de la place le moins avantagé, mais il défend l’intérêt collectif du projet, plutôt considérable). Il rappelle les points positifs :

  1. La remise en valeur du patrimoine
  2. Un espace piétonnier, avec un grand parvis, intérêt pour la ville
  3. Plus de giratoire, on abandonne l’esprit de gare routière
  4. Un jardin revisité, des espaces engazonnés élargis
  5. Un espace d’eau (le Bassin actuel est malsain. Il doit être fréquemment nettoyé , et coûte cher à la ville
  6. Un apaisement de la circulation

Laurence Dessertine précise qu’il faut compter sur un horizon à 4/5 ans. Avec les études techniques à développer, dans un secteur particulier, le secteur sauvegardé, le chantier ne devrait commencer qu’à la mi-2018.

La conférence se termine sur les paroles d’une administratrice, amie de Bordeaux et de son patrimoine, qui a félicité l’architecte.

« Cette place va retrouver son élégance, son rôle de cœur de la cité (point zéro !), son attractivité, avec des Bordelais qui viendront s’y détendre, l’admirer, la montrer, y faire leurs courses, ce qui a été de longues années oublié ».