La place Gambetta, point zéro au cœur de Bordeaux, héritage patrimonial unique de la deuxième moitié du XVIII ème siècle, n’a pas bénéficié d’améliorations significatives depuis des décennies et est devenue une gare routière pour les bus et une plateforme tournante pour les voitures ce qui en fait une des zones les plus polluées de la ville, dont se détournent tous les bordelais.Une vaste concertation est engagée par François Diard, Président de SOS Place Gambetta avec la Mairie de Bordeaux et la CUB. Deux ateliers ont déjà eu lieu, un troisième est prévu à la fin du mois de novembre. Le principe d’une rénovation est acté pour l’horizon 2018. Les propositions qui ont été faites par l’Association ont pour but d’enrichir le cahier des charges. « Malgré les améliorations provisoires apportées sur le trottoir est et la satisfaction des commerçants à ce niveau, la place reste aujourd’hui en déshérence totale avec une paupérisation qui s’accélère, une disparition complète de son élégance passée, et une destruction de son lien social. Le processus que nous engageons est une œuvre de sauvetage essentielle.

Si l’on veut résumer aujourd’hui les souhaits exprimés par les citoyens du quartier du centre, nous pouvons dégager 5 lignes directrices qui seront celles de le l’étude programmatique  ultérieurement déclinées en projet par les architectes urbanistes :

 –          L’héritage patrimonial immobilier doit être restauré et mis en valeur

–          La place doit rester végétalisée, mais pas obligatoirement sur le modèle actuel

–          La circulation doit être apaisée avec une diminution du nombre de bus et des autres véhicules

–          L’espace piétonnier doit être élargi

–          Le lien social doit être recréé

Le problème global est très complexe, mais le nœud de ce problème est la circulation : aucune réhabilitation cohérente ne pourra être réalisée sans une réduction globale de la circulation et une adaptation de la flotte des transports publics aux nécessités écologiques actuelles.

C’est le point fondamental de la discussion aujourd’hui. Il ne faut pas attendre l’ouverture de la ligne D du tram en 2017 pour envisager une réadaptation du réseau (lettre de M. Dabadie du 12/09, 1er §). Il faut dès maintenant engager une réflexion prospective sur ce que sera la circulation des cours et de Gambetta en 2018 afin que les architectes urbanistes puissent rédiger leur programme en connaissance de cause.

Il faut savoir rapidement ce que sera la circulation en 2018 pour pouvoir l’organiser progressivement sur les 5 ans qui viennent et être prêt en 2018.

Madame Claire Lhote, chef de projet du service Maîtrise d’œuvre de la CUB, explique que la décision est communautaire et ne peut être prise que par les élus du conseil de la CUB (confirmation de ce qui a été dit par Alain Juppé lors de l’entretien du 12/07/2013).

Michel Garrigue regrette que les associations ne soient pas associées à cette démarche sur la recherche de nouveaux itinéraires. La réflexion doit porter également sur le nombre de bus, l’adaptation de la fréquence et de la taille aux flux des passagers et la transition écologique avec des bus non polluants.

Il n’est pas possible actuellement d’associer un représentant de KEOLIS à nos discussions car l’appel d’offre est en cours pour l’attribution de la gestion de TBC au 2ème semestre 2014. Nous avons donc souhaité la présence d’un responsable des Transports à la CUB. Laurence Dessertine et François Durquety,  représentant du Directeur territorial du centre-ville, sont d’accord pour le solliciter.

Nous avons reposé le problème de la place des Commandos de France. Celle-ci, qui n’a aucune valeur patrimoniale, a été réhabilitée avec déplacement de tous les bus vers la place Gambetta qui, elle, a une grande valeur patrimoniale. La partie EST est utilisée comme chemin piétonnier entre Mériadeck et le centre, par la rue Saint-Sernin et la rue Georges Bonnac. Les 2/3 OUEST sont inutilisés et peu attractifs. Nous demandons à ce que les bus s’arrêtent à ce niveau et repartent par la rue du Château d’eau et le cours du Maréchal Juin. On nous oppose toujours le principe de la « rupture de charge » alors qu’il n’y a que 150mètres à pied pour rejoindre Gambetta. Laurence Dessertine n’est pas opposée à l’ouverture d’une discussion sur ce point, mais on ne sent pas une adhésion globale.

 

Concernant la restauration de l’héritage patrimonial architectural, tous sont d’accord sur les propositions. Ceci est d’autant plus facile que ce sont les propriétaires riverains qui assureront la prise en charge financière par le ravalement des façades, l’éclairage étant à la charge de la Ville. Ce patrimoine architectural rénové doit être mis en valeur et ne doit pas en particulier être masqué par la végétation, ce qui a fait la transition avec la discussion sur le jardin de l’ilot central.

La place Gambetta est partiellement située dans le secteur sauvegardé.

–          Toutes les façades sont inscrites aux monuments historiques

–          L’ilot central n’est pas classé, mais il est protégé par le PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur) qui autorise des modifications si le site subit une réhabilitation globale.

Le jardin a été réalisé à la fin du XIXème siècle. La municipalité avait sollicité un paysagiste célèbre de l’époque, Monsieur Buller, mais son projet n’avait pas été retenu car trop cher. Monsieur lancellin avait été sollicité pour un projet moins cher et avait réalisé ce jardin qui est une copie du projet Buller.

Trois arbres sont classés remarquables :

–          Les 2 magnolias plantés au moment de la mise en place du jardin (120 ans)

–          Un oranger des osages (famille des muriers) près du petit pont qui est un arbre rare et magnifique

 

 

Claire Lhote a fait état de la visite du Club Unesco sollicité par la CUB pour évaluer le jardin. Un historien, Monsieur Schonberg, a retracé l’histoire de l’ilot central construit à la fin du XIXème siècle pour améliorer ce secteur aride et chaud et y apporter ombrage et fraicheur.

La nouvelle Directrice des Bâtiments de France était présente et a défendu l’idée d’une conservation du jardin en l’état entouré d’une grille comme initialement.

 

Gaétan Wicart, Directeur des parcs et jardins de la Ville de Bordeaux,  a lancé une étude pour que nous connaissions en détail l’état de tous les arbres.

 

La discussion a été ouverte sur la couronne périphérique de marronniers qui présente aujourd’hui 2 inconvénients :

–          Les racines ont complètement défoncé le trottoir qui est impraticable

–          Leur hauteur masque les façades et ne permet pas la mise en valeur de l’héritage patrimonial.

De plus, l’élargissement de l’espace piétonnier ne peut pas se faire sans une réduction de la voierie et de l’ilot central (donc au détriment des marronniers).

Monsieur Wicart, directeur des parcs, des jardins et des rives à la Mairie de Bordeaux, a précisé que la situation n’était pas figée, car, dans le cas du PSMV, on peut modifier un site quand il fait l’objet d’un projet global de réhabilitation.

 

 

L’élargissement de l’espace piétonnier a l’accord de tous, mais le choix de ses modalités dépendra du projet choisi et se fera automatiquement aux dépens de la voierie et/ou de l’ilot central.

 

 

La voierie fera l’objet, dans le projet de restauration choisi, d’un décaissement total pour la remettre au niveau des trottoirs et du seuil des maisons, pour effacer ainsi le rehaussement secondaire aux multiples empilements.

 

Le comptage des véhicules va être réalisé pour savoir où nous en sommes.

Nous avons redemandé une étude vibratoire pour évaluer le risque structurel des vibrations transmises aux immeubles.

 

 

La recréation du lien social est une partie importante de l’étude programmatique. Les architectes doivent percevoir ce que souhaitent les habitants. Quels usages veulent-ils faire de cette place ?

Notre enquête ayant avancé, je me suis engagé pour produire un document à la prochaine réunion du mardi 8 octobre. Christine Diard sera responsable de la rédaction du document, synthèse des propositions que nous avons reçues, et des différents entretiens qu’elle a eus.

 

En fin de réunion, Monsieur Wicart nous a éclairés sur la différence entre PROGRAMME et PROJET.

–          Un programme, c’est l’énoncé des grandes idées directrices sur ce que l’on veut faire de la place

–          Un projet, c’est la déclinaison d’un programme et l’approfondissement de chacune des grandes idées directrices.

L’étude programmatique est donc basée sur les grandes idées directrices et l’accord s’est a priori fait autour des 5 lignes directrices que j’avais proposées en début de séance.

Les projets seront proposés par les architectes urbanistes sélectionnés qui produiront des esquisses chiffrées soumises à un jury.

 

ETUDE PROGRAMMATIQUE : CONTRAIGNANTE OU OUVERTE ?

Ceci a été le dernier point de discussion de la réunion. Tout le monde a été d’accord pour souhaiter un appel d’offre (étude programmatique) ouvert afin de ne pas se priver d’éventuelles idées de professionnels de l’architecture et de l’urbanisme que nous n’aurions pas eues. Ce sera la responsabilité du jury de trancher.

 

La réflexion approfondie de l’Association sur le diagnostic, les propositions et les usages seront mises en annexe de l’étude programmatique afin que les architectes urbanistes responsables puissent percevoir le vécu actuel de la Place et les souhaits exprimés.