Deubelbeiss le Professeur Popof ds son atelier
4ème étage. Trottoir Ouest, place Gambetta, à Bordeaux. Je rencontre Bernard Deubelbeiss dans son appartement attenant à son atelier exigu mais baigné de lumière.
Originaire de Clermont Ferrand, Bernard étudie l’architecture à laquelle il reprochera une austérité traduite par des angles droits, des parallèles alors qu’il aspire davantage à des lignes sinueuses qu’il ne trouve que dans ses dessins.
Finalement, il ne choisit pas la carrière d’architecte mais travaille au service des monuments historiques de la commune où il savoure la liberté accordée. Le strict respect du patrimoine architectural lui semble aride, mais il reconnaît que les exercices de mesures qui lui étaient confiés lui ont offert des moments privilégiés. Profiter seul du silence et de la grandeur de châteaux ou d’églises, n’est pas à la portée de tous ! Les monuments classiques ne parviennent pas à combler sa créativité. Il préfère finalement fuir la récurrence de l’architecture classique.
Il s’oriente alors vers l’illustration. Des éditeurs et des agences de publicité clermontois font appel à son talent et à son inventivité. Il dessine alors des parcours de promenade permettant aux randonneurs de circuler dans la nature. Ce travail lui offrait une autonomie que ne lui alloue pas le monde de la publicité qui exige de suivre scrupuleusement les consignes.
Il y a vingt ans, il quitte Clermont Ferrand pour Bordeaux mais revient fréquemment en Auvergne retrouver la convivialité et la pudeur des habitants. Traits qu’il aime retrouver dans son entourage et chez les riverains de la place. Son adaptation à notre ville n’a pas été simple mais il apprécie aujourd’hui la vie qui s’anime au pied de ses fenêtres. Il observe. Regrette l’absence de végétation au cœur des places bordelaises. Il estime ainsi d’autant plus le « poumon Gambetta ».
Ce n’est que récemment que Bernard a pu illustrer un ouvrage selon ses idées. La seule condition était de remplir un cadre !

Bernard saisit cette opportunité et se délecte de l’indépendance donnée pour mettre en images le paysage clermontois. Il fait de même avec un deuxième carnet de voyage portant sur la Chaîne des Puys. Puis sur le Maroc…
Aujourd’hui, Bernard a suffisamment acquis de ‘’points’’ pour pouvoir bénéficier d’une petite pension qui lui permettra de poursuivre avec liberté ses œuvres artistiques et de nous les faire partager pour notre plus grand bonheur !

Cécile Rimbert, étudiante